Ravalement d’une maison récente dans l’agglomération nantaise
Dans l’agglomération nantaise, de nombreuses maisons individuelles construites au cours des années 2010 présentent aujourd’hui des façades visuellement altérées, malgré un bâti encore récent. Le cas étudié concerne une maison située dans un quartier résidentiel, construite il y a une dizaine d’années, avec des façades enduites d’origine.
Lors de l’observation initiale, les enduits se révèlent en bon état général. Aucun désordre structurel n’est constaté : pas de fissures traversantes, pas de décollements, ni d’altération de la maçonnerie. Pourtant, les façades montrent une coloration rapide, marquée par la présence de salissures verdâtres, principalement sur les zones les plus exposées aux intempéries et les moins exposées au soleil.
Origine des salissures sur les façades récentes
Ces salissures sont d’origine organique. Elles sont constituées de micro-organismes tels que les algues et autres dépôts biologiques, naturellement présents dans l’air. Transportés par la pluie, ces éléments se déposent sur les façades et s’y accrochent progressivement.

Les enduits de façade, même récents, sont par nature poreux. Cette porosité est indispensable au bon fonctionnement du mur, car elle permet les échanges de vapeur d’eau entre l’intérieur et l’extérieur. En revanche, elle favorise également la rétention d’humidité en surface, en particulier dans un climat océanique comme celui de la région nantaise. Lorsque l’eau de pluie pénètre dans les pores de l’enduit et met du temps à s’évacuer, les conditions deviennent favorables au développement des salissures organiques.
Une problématique esthétique et technique
L’apparition de traces verdâtres est d’abord perçue comme un problème esthétique. Elle modifie l’aspect de la maison et donne une impression de vieillissement prématuré. Toutefois, cette situation révèle également un phénomène plus technique : la présence d’humidité stagnante sur les façades.
Une humidité persistante accélère le vieillissement des enduits. À moyen ou long terme, les cycles répétés d’humidification et de séchage peuvent entraîner une perte de cohésion superficielle. Cela se traduit parfois par l’apparition de faïençage, c’est-à-dire un réseau de microfissures limité à l’enduit. Ce phénomène ne concerne pas la structure du bâtiment, mais il indique une fragilisation progressive du revêtement extérieur.
L’intérêt d’une démarche préventive
Dans le cas d’une maison récente, l’intervention sur les façades ne vise pas à réparer des dégradations importantes, mais à prévenir leur apparition. Protéger les enduits permet de limiter l’absorption d’eau, de réduire l’encrassement et de prolonger la durée de vie du revêtement existant.
La solution retenue consiste à appliquer une protection de surface formant une « nouvelle peau » sur l’enduit. Cette protection doit répondre à deux exigences essentielles : être imperméable à l’eau de pluie et rester respirante afin de permettre l’évacuation de la vapeur d’eau contenue dans le mur.
Traitement des enduits bruts
Sur des enduits bruts, une peinture primaire solvatée est généralement préconisée. Ce primaire pénètre le support et en régule la porosité. Il permet de bloquer le fond sans créer de barrière étanche. Le mur conserve ainsi sa capacité à respirer, tout en étant préparé à recevoir un revêtement de finition.
Ce principe peut être comparé à celui des textiles techniques respirants, comme le Gore-Tex, qui laissent passer la vapeur d’eau tout en empêchant l’eau extérieure de pénétrer. À l’inverse, une protection totalement étanche, comparable à un simple K-way, risquerait de piéger l’humidité à l’intérieur du mur.

Apport d’un revêtement souple de finition
Après l’application du primaire, un revêtement souple est mis en œuvre. Ce type de revêtement présente une élasticité adaptée aux micro-mouvements du support. Il constitue une protection efficace contre l’apparition du faïençage, en absorbant les contraintes superficielles sans fissurer.
En complément, ce revêtement améliore le comportement de la façade face aux intempéries. L’eau de pluie ne pénètre plus dans l’enduit, mais ruisselle en surface sous forme de gouttelettes. Ce phénomène de perlage limite l’adhérence des salissures organiques et ralentit considérablement leur réapparition.
Des façades protégées dans la durée
Une fois protégées, les façades conservent plus longtemps leur aspect d’origine. L’entretien est simplifié et les risques de dégradation liés à l’humidité sont réduits. Cette approche permet d’anticiper le vieillissement naturel des matériaux, plutôt que d’intervenir de manière curative après l’apparition de désordres visibles.


Ainsi, même pour une maison construite récemment, le ravalement s’inscrit dans une logique de protection à long terme. Dans des environnements humides comme l’agglomération nantaise, il constitue une mesure préventive cohérente pour préserver les enduits et garantir leur durabilité.
