Rénovation de façades : redonner vie aux maisons des années 70
Au sommaire de cet article
Dans de nombreuses communes de l’agglomération nantaise, un grand nombre de maisons construites dans les années 70 arrivent aujourd’hui à un tournant crucial de leur entretien extérieur. Après plus de vingt ou trente ans sans ravalement, les façades présentent des signes évidents d’usure, de fatigue et parfois même de véritables pathologies structurelles.
I. Un parc immobilier vieillissant : les symptômes visibles d’un manque d’entretien
1. Salissures, traces d’escargots et pollution naturelle du temps
Les maisons construites dans les années 1970 ont longtemps bénéficié d’enduits robustes mais souvent basiques. Or, au fil des décennies, l’absence d’entretien régulier et l’exposition aux intempéries créent un environnement propice à l’apparition de salissures persistantes. En Loire-Atlantique, le climat alternant humidité et chaleur favorise fortement la colonisation des façades par des micro-organismes, des dépôts noirs, des traces verdâtres ou brunes.
Parmi les phénomènes les plus visibles, on retrouve les traces d’escargots. Contrairement aux idées reçues, ces marques ne sont pas seulement inesthétiques : elles traduisent une façade devenue trop humide et poreuse. Les escargots, en quête de nourriture, broutent la fine végétation microscopique installée sur les murs (algues, lichens, mousses). En se déplaçant, ils laissent derrière eux une traînée brillante caractéristique qui révèle, par contraste, l’état réel de l’enduit. Ces traces sont donc l’indice visuel d’un support en dégradation, saturé d’humidité et colonisé par le vivant.
L’esthétique de la maison s’en trouve alors nettement altérée : teintes irrégulières, murs noircis par les pluies battantes, facettes abritées restant claires et zones exposées devenant ternes. Ce vieillissement hétérogène est typique des façades ayant dépassé 20 ou 30 ans sans ravalement.

2. L’effet de spectre : quand les matériaux de construction réapparaissent
Un autre symptôme observé est l’apparition de ce que l’on appelle l’effet de spectre. Il s’agit d’un phénomène où l’on voit progressivement réapparaître les empreintes des parpaings, briques ou joints sous l’enduit extérieur. Les lignes des blocs deviennent visibles, donnant au mur un aspect quadrillé ou nervuré.
Ce phénomène n’a rien d’anodin. Il indique que l’enduit, trop affaibli, ne joue plus son rôle d’écran protecteur. La forte porosité du support permet à l’humidité de pénétrer profondément, puis de s’évaporer en créant des tensions internes. À terme, cela accentue l’effet de spectre et annonce parfois des fissures.
Plus préoccupant encore, un enduit devenu trop absorbant crée un risque de mur froid en cas de pluie : les parois se gorgent d’eau puis refroidissent, compromettant le confort intérieur et favorisant les déperditions énergétiques. Une façade poreuse n’est donc pas seulement un problème esthétique, mais aussi thermique et structurel.
II. Le ravalement de façade : une solution complète pour restaurer et protéger durablement
Face aux diverses pathologies identifiées, la solution la plus efficace reste un ravalement de façade complet. L
1. Nettoyage approfondi et traitement des pathologies existantes
Le ravalement commence toujours par un nettoyage en profondeur. Selon l’état du support, il peut inclure un traitement anti-mousse, un nettoyage basse ou haute pression adapté, ainsi qu’un décontaminant spécifique pour éradiquer algues et micro-organismes. Cette étape permet de révéler la réalité du mur et de préparer un support sain.
Une fois la façade nettoyée, il devient possible de traiter les pathologies du bâti :
- Fissures plus ou moins profondes à ouvrir, renforcer et reboucher avec des produits adaptés.
- Enduits abîmés, soufflés ou farinants, souvent situés dans des zones caractéristiques : sous les appuis de fenêtres, aux angles exposés au vent, ou sur les façades nord constamment humides.
- Manques localisés nécessitant une réfection partielle avant l’application du nouveau revêtement.
Cette phase permet de redonner à la façade son intégrité mécanique, condition essentielle pour garantir la durabilité du futur système de protection.


2. Protection durable : revêtements imperméables, microporeux et souples
La dernière étape du ravalement consiste en l’application d’un nouveau revêtement technique, conçu pour répondre aux contraintes d’un climat comme celui en Loire Atlantique.
Trois critères essentiels sont recherchés :
• Imperméabilité à l’eau de pluie
Un revêtement de qualité forme une pellicule protectrice qui empêche l’eau de pénétrer. Les gouttes de pluie glissent sur la surface, évitant ainsi qu’elles ne s’infiltrent ou ne stagnent. Cette propriété limite considérablement les phénomènes de salissures volatiles, qui n’ont plus la même adhérence.
• Microporosité : la maison respire
Un mur doit pouvoir évacuer la vapeur d’eau intérieure. Un revêtement microporeux permet cette respiration naturelle en laissant sortir l’humidité interne tout en empêchant l’eau extérieure d’entrer. Cela évite toute condensation interne et contribue au confort thermique de l’habitation.
• Souplesse : résister aux mouvements du bâtiment
Les matériaux se dilatent et se contractent selon les saisons, l’humidité et les variations de température. Un revêtement souple absorbe ces micro-mouvements, évitant l’apparition de nouvelles fissures. C’est une protection essentielle pour les maisons anciennes qui ont déjà subi plusieurs décennies de contraintes.
Grâce à la combinaison de ces trois propriétés, la maison retrouve une esthétique nette, une protection durable et une résistance accrue aux aléas climatiques.
